Avertissement, cet article contient des spoilers

 

 

Bouuuuh. ? Ça t’étonne ?

Moi non. Si la plateforme est aussi célèbre, c’est déjà parce qu’elle a un marketing béton, mais aussi parce qu’elle sait bien y faire avec le storytelling. Et accessoirement, parce qu’elle met souvent à jour ses films.

Euh, en parlant de ça, ça serait cool d’afficher AUSSI les titres qui apparaissent en recherche, hein Netflix ? ?

Peu importe.

Dans cet article, on va voir une technique pour capturer l’attention que tu pourras immédiatement appliquer à ta rédaction. Avec des exemples concrets de séries qui l’utilisent. Parce que sinon c’est pas drôle.

Je parle de l’open loop…

 

Open Loop : c’est quoi encore ce truc ?

 

Si je te disais que c’est vraiment pas compliqué, est-ce que tu me croirais ? Non… C’est bien ce que je pensais.

Bon. Laisse-moi t’expliquer alors.

Quand on parle d’open loop en storytelling, ça veut dire qu’on introduit dans l’histoire un élément et hop, on ne te dit rien sur sa résolution. Enfin, pour le moment en tout cas.

Fort bien. Mais en français ça donne quoi ?

Disons qu’en storytelling il existe de nombreuses façons de captiver son lecteur et utiliser le suspens comme avec l’open loop eh bien, ça a l’air de marcher.

La curiosité est un sentiment inné chez l’humain. Et le meilleur storytelling doit se baser sur les caractéristiques de sa cible. Comme on l’a vu dans cet article où on avait analysé le storytelling d’IKEA pour en tirer les règles principales.

Pourtant, tu vas voir dans la suite de cet article que la curiosité n’est pas le seul élément important dans l’open loop. Sinon, il n’y aurait pas d’intérêt à analyser les films Netflix, tu ne crois pas ?

 

Quand Netflix se met à l’open loop, ça donne ça…

 

Dans la série ELITE, on retrouve une open loop.

Petit brief si tu n’as pas vu la série… En gros, une bande de 3 ados débarque à Las Encinas, un lycée de bourges en Espagne. Au beau milieu de tous ces gens issus de l’élite, ils sont… humm des intrus ? Sauf que leur arrivée amène son lot de malheurs.

Donc pour en revenir à l’open loop, dès le premier épisode de la série, on est témoin d’un incident. Au début, on ne sait pas exactement de quoi il s’agit. À part qu’il y a beaucoup de sang.

Ensuite, on nous révèle un nouvel élément à chaque fois. Ce qui nous pousse à vouloir en savoir toujours plus, bien sûr. C’est tout l’intérêt.

D’abord, on apprend qu’il s’agit d’un meurtre, puis on commence à avoir des soupçons sur certaines personnes. Plus les épisodes avancent et plus le puzzle commence à se former.

Mais tu vois, ce qui devrait t’intriguer ce n’est pas que le spectateur en sait un peu plus à chaque fois…

C’est que dans les tous premiers épisodes on apprend qu’il s’agit de la mort de l’un des personnages principaux.

On sait exactement ce qu’il s’est passé et pourtant on continue quand même de regarder.

Un autre exemple d’open loop dans la série How to Get Away with Murder. Pareil que pour ELITE, on est témoin d’un meurtre. En plus, on voit bien qui sont les personnes impliquées dans la tragédie.

En temps normal, on pourrait dire que toute l’intrigue est révélée et qu’il n’y a plus rien à voir. Mais on fait tout le contraire et on est encore plus accro à l’histoire.

Pourquoi ?

Maintenant, ça commence à devenir intéressant…

 

Pourquoi l’open loop marche aussi bien ?

 

1 – Notre cerveau est câblé pour enquêter

 

D’abord, il faut savoir que le cerveau humain est ultra sophistiqué, il s’adapte à n’importe quelle situation. Ce qui implique que même si tu lui lâches une bombe énorme comme celle-là, il voudra savoir les détails.

Il ne veut pas juste la conclusion. Il veut le déroulement de l’histoire.

Ton cerveau veut savoir qui fait quoi, où, quand, comment, et surtout pourquoi. Il ne se contente pas des miettes.

Et si ça fonctionne aussi bien, c’est parce qu’il veut mettre la main sur toutes les informations que nous désirons.

Attends. Ça va même plus loin. Une expérience menée par le laboratoire de Colin Camerer à Caltech a prouvé que la curiosité suit une courbe en U inversé. En d’autres mots, nous sommes nettement plus curieux lorsque nous en savons un peu sur un sujet, mais pas trop. Soit lorsqu’on est encore incertains sur la réponse.

Ça doit être pour ça qu’on dit que “ça a piqué ma curiosité”.

Une autre étude menée par George Loewenstein, professeur de psychologie à l’université de Carnegie-Mellon, a montré que lorsque nous ne savons pas tout, notre cerveau se met dans un sérieux état d’anxiété. On l’appelle la théorie du défaut d’information.

Parce qu’il se creuse un gouffre entre ce que l’on sait et ce que l’on veut savoir. Ce qui nous oblige à créer un pont en recherchant les informations nécessaires pour estomper cette anxiété.

Tiens, ça me rappelle cet article dans lequel j’expliquais que nos comportements d’achats sont influencés par notre cerveau qui veut soit ressentir du plaisir, soit s’éloigner de la douleur…

Mais bon, ce qu’on fait à ce moment-là, c’est regarder l’épisode suivant parce qu’on ne supporte pas d’être aussi mal à l’aise.

 

2 – L’histoire n’est pas terminée tant qu’il y a encore des questions

 

Un autre point important. Dans ces deux séries, on sait qu’il y a eu meurtre et on sait même qui est le coupable. Ce qui nous tient en haleine, ce n’est plus de savoir “qui”, mais de savoir ce qui va lui arriver.

Notre cerveau tourne à 200 à l’heure, il est suspendu en même temps que l’intrigue. On commence à se poser 1000 questions. Est-ce que le coupable va se faire arrêter ? Ou bien il va craquer et tout avouer ? Est-ce qu’il va être démasqué ?

Bref. Tant qu’on n’a pas absolument toutes les réponses, on ne peut pas s’arrêter là.

 

3 – Il faut le voir pour y croire

 

Tu savais que certaines personnes lisent d’abord la dernière page d’un livre avant d’embarquer pour le premier chapitre ? Si tu ne cherches pas plus loin que les faits, tu pourrais te dire : quel intérêt de lire le livre alors que tu connais la fin ?

Mais là, tu sais pourquoi.

Je m’en suis encore plus rendue compte quand j’ai quand même décidé de regarder la dernière partie de La Casa de Papel alors que je voyais des spoilers passer partout.

Je voulais découvrir les choses par moi-même. Ici l’expression “il faut le voir pour y croire” prend tout son sens.

 

4 – On peut troquer notre point de vue contre des émotions mémorables

 

Si tu connais toute l’intrigue et que tu continues de regarder quand même, il y a deux options possibles. Soit t’es un gros débile, soit tu cherches quelque chose.

Et d’après ce que je sais, quand tu regardes Netflix c’est que tu veux passer le temps ou que tu t’ennuies à mort. Donc j’opterais pour la deuxième option. Tu cherches quelque chose.

Comme dans ressentir quelque chose. Devant un film romantique, une comédie, un film d’horreur… Au fond, tu cherches toujours à ressentir quelque chose. C’est juste que tous ces genres de films ne font pas appel à la même émotion.

Donc, devant un film ou une série dont tu connais à peu près l’intrigue, c’est la même chose. Le suspens te fait stresser. Les indices que tu apprends en cours de route te rassurent d’un côté et te rendent encore plus suspicieux de l’autre. Et ta curiosité est rassasiée quand tu lui apportes les réponses qu’elle attend.

 

5 – On déteste avoir tord

 

Ce n’est qu’en avançant dans la série que tu en sais plus sur le meurtrier. Du coup, tu commences à faire des suppositions, ce qui te pousse à appuyer sur “épisode suivant”.

Tout simplement, tu veux être sûr que tu es sur la bonne voie. Personne n’a envie de se voir largué sans savoir ce qu’il s’est réellement passé.

Le pire, c’est que si le scénario est assez bon, tu vas te rendre compte que tu as eu tort, mais tu vas quand même continuer de faire des suppositions. Et à chaque fois, tu réaliseras que tu étais à côté de la plaque alors tu continueras.

On peut continuer comme ça encore longtemps.

D’ailleurs, tu retrouves souvent ces open loop dans les thrillers et les polars. Curieusement, c’est aussi ces deux types de livres qui sont connus pour tenir le lecteur en haleine et lui faire ressentir toutes sortes de sensations.

On se demande pourquoi…

 

Comment inclure l’open loop dans ta communication -sans te foirer royalement

 

Disclaimer : comme toutes les autres techniques de copywriting et de storytelling, l’open loop est à utiliser avec parcimonie. Utilise-là à outrance et tu finiras dans le bain des crocodiles.

Par exemple, tu peux inclure une open loop dans l’objet de tes mails pour augmenter ton taux d’ouverture.

La clé pour que ça fonctionne, est de te poser une seule question : qu’est-ce que mon lecteur veut savoir ?

Comme dans la théorie de Loewenstein.

Regarde par toi-même. Sur les dizaines d’emails que tu as reçu cette semaine, beaucoup sont restés non-lus.

Même s’il doit y avoir plein d’objets liés à un sujet que tu ne connais pas spécialement. Mais le résultat est là, tu t’en tapes bien de le savoir parce que ça ne t’intéresse pas.

Alors que quand un objet titille ta curiosité sur une information que tu aimerais savoir, là oui, on peut discuter.

Utilise le même raisonnement pour ta cible. Crée cet écart entre ce qu’elle sait et ce qu’elle veut savoir.

Donc, avant de t’empresser d’ouvrir une nouvelle fenêtre d’email, garde en tête qu’une open loop ne fonctionnera que si tu montres d’abord au lecteur pourquoi cette information lui est vitale.

Si ton audience te suit pour apprendre le design, un objet comme “Ce que Bruce Lee peut t’apprendre sur le design”, c’est pas mal.

Pssst, une vraie entreprise de design l’a utilisé et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça a cartonné. Parce qu’ils se sont adressés à la bonne cible. Les inscrits étaient là pour apprendre le design et rien que de sous-entendre qu’il y a quelque chose qu’ils ne savent pas les intriguent. Surtout lorsque la personne censée leur apprendre, Bruce Lee, n’a rien à voir avec le sujet. On se demande forcément de quoi il peut bien s’agir.

Bien sûr, ça marche aussi pour les titres. Comme ici. ?

 

 

Alors, est-ce que tu te rappelles avoir croisé l’open loop dans un film ou une série ? Dis-moi tout en commentaires.

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